Le mental, face cachée de l'épidémie COVID19? L'avis d'un expert

Le mental, face cachée de l'épidémie COVID19? L'avis d'un expert

Scotché.es à votre smartphone ? Facebook, Tweeter, Instagram et autres vous présentent une multitude de news, des vraies et des moins vraies ? Et si cette pandémie de COVID19 n’atteignait pas vos poumons mais votre santé mentale ? Que faire pour protéger sa santé mentale et faire face aux troubles mentaux en ces temps difficiles ?

Nous avons posé ces questions et d’autres à Dr Jihed Mrizak (psychiatre et psychothérapeute) qui nous livre ses réponses ci-dessous (stay tuned)

Q : Quels patient.es ou personnes sont particulièrement à risque de développer ou décompenser un trouble psychiatrique durant cette pandémie ?

R : Toutes les pathologies psychiatriques. C’est une situation extrêmement stressante et cela peut décompenser : les troubles anxieux, les troubles de l’humeur, mais également les pathologies psychotiques. Les personnes souffrant de ces dernières sont très sensibles au stress environnant, contrairement aux croyances générales.

(L’épidémie du COVID19 touchant initialement la ville de Wuhan en chine a entraîné le développement et l’exacerbation de divers troubles psychiatriques dont essentiellement : l’anxiété, la dépression et le stress)

Q : Comment rester avisé.e de l'actualité COVID19 tout en préservant sa santé mentale ?

R : Rester avisé.e est très important pour pouvoir prendre les précautions nécessaires qui sont fréquemment mises à jour. Le plus important est de prendre en compte uniquement les informations fiables et officielles (par exemple : publications scientifiques, site de l’OMS, du Ministère de la Santé, le Worldometer, etc.…). Malheureusement, en temps de crise, les fake-news voient leur nombre augmenter exponentiellement et beaucoup de personnes les diffusent sans aucune vérification.

Q : Y a-t-il des précautions ou ajustements thérapeutiques particuliers à envisager pour les patient.es suivi.es pour des pathologies psychiatriques ?

R : Les ajustements thérapeutiques sont à faire au cas par cas, il n’y a pas de règles générales. Mais si on doute sur un début de rechute, contacter son.sa médecin traitant.e est très important.

Q : En attente d'une consultation, que faire en confinement si l'on commence à développer des symptômes anxieux ou dépressifs ?

R : Pendent le confinement, on peut compter sur les exercices de pleine-conscience, de yoga ou de relaxation pour se sentir moins anxieux.se. Si une activité physique est faisable, elle peut aussi aider sur le plan émotionnel.

Même en confinement, il vaut mieux favoriser les activités « actives » (lire un livre, discuter avec des ami.es ou des membres de sa famille, travailler à distance quand c’est possible...) et ne pas s’engager excessivement dans des activités passives (réseaux sociaux, Youtube, longues siestes...).

Il est important de ne pas gérer ses émotions par des substances (alcool, cannabis, stimulants...) puisque ce sont des solutions très temporaires qui aggravent à plus long terme tous les types de souffrance psychologique.

Q : Quelle est la limite entre une peur justifiée durant cette pandémie et une anxiété pathologique ?

R : Il est normal d’avoir peur dans de pareilles circonstances. Une peur normale ne devrait pas nous empêcher de faire ce qui est important pour nous et pour notre entourage. Si notre peur nous handicape, c’est qu’elle est probablement devenue excessive. La limite reste quand même délicate à établir.

Q : Pour finir, que peut-on faire à distance en tant que support familial ou amical d'une personne souffrant d'une pathologie psychiatrique durant la pandémie ?

R : Il faut montrer du support pour les personnes ayant une pathologie psychiatrique, offrir de l’écoute et de la réassurance et encourager à garder un certain niveau d’activité. Il faut aussi informer, voire éduquer, dans les cas où il y a des troubles cognitifs qui empêcheraient de saisir les modalités et l’importance des mesures préventives.