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Vidéo partagée par le personnel de l’hôpital sur Facebook

L’hôpital Abderrahmen Mami est, depuis le début de la crise COVID-19 en Tunisie, entièrement consacré à la prise en charge des patients atteints du COVID-19. Des équipes de médecins, infirmiers, aides-soignants et ouvriers font un roulement selon le système de cohorting enchainant des journées de travail de douze heures pendant une semaine, avant d’être mis en quarantaine dans un centre de confinement à Borj Essedria pendant une autre semaine. Un test de dépistage sera effectué au cours de cette période avant de retourner chez soi pendant une deuxième semaine de confinement avant de reprendre le travail.

Selon des témoignages concordants, l’équipe ayant fini sa semaine de travail le 16 Avril 2020 a été transportée vers le lieu de confinement habituel à Borj Essedria  vers 11h du matin. A leur arrivée, les locaux occupés par leurs collègues en fin de confinement ne sont ni désinfectés ni nettoyés. On leur a demandé alors d’attendre afin que ce soit fait. Mais à leur grande surprise, ils ont découvert au moment de l’entrée dans les locaux, après cinq bonnes heures d’attentes, que l’endroit était insalubre, les draps n’ont pas été changés et les lieux n’ont pas été désinfectés.

Selon nos sources, les soignants auraient dû y passer la nuit avant d’être informés le lendemain matin que les tests de deux de leurs collègues, qui ont déjà passé la semaine d’avant dans le même endroit, étaient positifs.

Colère et panique traversent les rangs.  Avec un virus qui vit longtemps sur les surfaces, le risque d’une contamination éventuelle était grand. Leur lieu de confinement s’est avéré être une source supplémentaire de contamination. Les soignants se demandaient également quel intérêt aurait un test de dépistage positif si le résultat n’est communiqué qu’après être rentré chez soi tout en étant un éventuel contaminé au virus. Le risque de contaminer les siens est alors maximal et le confinement n’aurait servi à rien.

Devant cet état de panique, le personnel a été reconduit à l’hôpital où ils sont restés attendre pendant des heures avant d’être finalement conduit en fin de journée à un hôtel de la région de Bizerte pour y passer le reste de la période de confinement. Selon nos sources, le problème serait un manque de coordination au sein de la direction générale de santé. Cet incident a été communiqué sur la page Facebbok de la cellule de communication COVID-19 de Abderrahmen Mami.

Pour les soignants, on pointe un laxisme et une mauvaise gestion ayant exposé et les concernés et leurs familles à des risques évitables et non nécessaires de contamination.

Ces derniers, présents sur le premier front, se ressentent trahis, sacrifiés et livrés à eux-mêmes.

Des défaillances et des manquements qui ne vont pas manquer d’épuiser les ressources humaines de nos hôpitaux dans une crise où notre système de santé, déjà en détresse, est rudement mis à l’épreuve.

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