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En ces temps incertains, une vague de patriotisme tente de faire face au cyclone du COVID-19. Toutefois, quand certains, dans un sens noble du bénévolat, veulent pierre par pierre aider, d’autres raisonnent de manière peu commode.

Présentation de cas : Un groupe de médecins bénévoles s’est présenté aujourd’hui à une réunion organisée au SAMU de Tunis, suite à un appel à recrutement qui a circulé sur Facebook afin de renforcer les équipes médicales mobiles, déjà dépassées par la charge des prélèvements COVID-19 qui leur a été confiée depuis le début de l’épidémie.

Ce qui devait être une réunion de formation, s’est transformée en une réunion d’information. L’information principale était de faire miroiter un engagement pareil à celui des internes volontaires, un cadre de recrutement connu déjà pour son extrême précarité.

Les bénévoles, venus sans telle intention, avaient des revendications beaucoup plus terre à terre.

Ils demandaient un lieu d’hébergement ainsi qu’une couverture sociale et médicale en cas de contamination ou d’incident. L’idée d’un contrat rémunéré ne leur avait pas traversé l’esprit. Leur seule préoccupation était un minimum syndical de protection, pas plus. Ces jeunes médecins, venues de leur plein grès, sans notion d’appât de gain, pour servir leur nation, honorer leur vocation, ont été réduits à des “demandeurs de salaires”.

Pour les garanties, la réponse était claire: rien n’est garanti! “Tout serait en cours”.

Personne ne voulait de rémunération. D’ailleurs certains travaillent depuis des mois sans salaires ! Ce que veulent ces bénévoles, c’est de protéger leurs familles en ayant où loger et d’assurer leurs soins en cas de maladie.

Quelques heures après la réunion, le ministère de la santé faisait publier un appel officiel au recrutement d’internes sur la base d’un contrat de vacataire. Si on veut réfléchir “rémunération”, cette formule a déjà été incapable d’assurer la rémunération de beaucoup d’engagés dans le passé, dont plusieurs attendent toujours leurs paiements.

Aucune mention d’aucune garantie de protection pour les soignants dans le communiqué.

La suite ? On se demande bien si, en l’absence de volontaires ou bénévoles suffisants à s’engager dans ces conditions précaires, la prochaine étape ne serait celle de la réquisition pure et dure, toujours sans protection ?

Des garanties claires dans le contrat de recrutement de toute réserve sanitaire volontaire avec un engagement fiable des autorités sont nécessaires.

Les prochains jours nous le diront.

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