Mais qu’est-ce donc que cette pagaille ?

Tous les jours, scrollant par ci, scrollant par la, incapable de faire autre chose, je vois des appels de tel hôpital, d’un.e tel médecin, à participer soit à une cagnotte, soit à des dons de matériels en nature. Je ne remets pas en doute la bonne foi de ces lanceur.ses d’appels (techniquement ce ne sont plus des appels mais un ensemble de gémissements), mais pourquoi autant d’éparpillement ? Pourquoi chacun s’en va de son côté en quête alors que la quête est commune ? Il y a bien une cagnotte lancée par le ministère de la santé ; les gens n’ont-ils pas confiance ? Et puis même s’ils n’ont pas confiance, pouvons-nous leur en vouloir ? Ma réponse personnelle est NON. Car nous savons tou.tes, que dans le passé, ce genre de cagnottes solidaires a été détourné à des fins d’enrichissement personnel. Alors au lieu de brayer à droite et à gauche, de ne pas faire confiance à tel ou telle institution et de voir les médecins, chacun.e de son côté, mendier directement de l’argent ou chercher des fournisseur.ses, et donc tout faire sauf leur travail suffisamment pénible à l’heure actuelle, n’est-il pas plus judicieux de faire des appels au ralliement ?

A mes yeux, il s’agit d’une aberration. Une aberration logistique ! Une aberration de gouvernance ! Au-delà de la dissipation d’énergies, les gens ont le droit d’avoir une visibilité sur l’utilisation de cet argent collecté. Embauchez un.e comptable volontaire, ou autre, qui fera des rapports soit quotidiens soit bihebdomadaires, détaillant l’argent comptabilisé et son utilisation. La corruption au quotidien est déjà un fléau, mais la corruption en temps de crise est une hérésie. Une transparence totale ne fera qu’inciter les citoyen.nes à aider du mieux qu’iels peuvent.

Autre, et non pas moindre, aberration : ne pas subvenir aux besoins minimaux des soignant.es. Je ne parle pas de matériel (respirateurs, calottes, gants, masques FFP2-que j’ai plus vu chez des personnes se baladant dans la rue, ballotant à leur coups que chez mes confrères-) mais je parle de les nourrir et de les loger. Est-ce normal, que depuis deux jours, je vois des publications sur Facebook de résident.es ou d’internes de garde, demandant au.à la citoyen.ne lambda, qui serait par pur hasard aux alentours de X ou Y hôpital, de leur ramener à manger ? Est-ce normal, que ces mêmes soignant.es se retrouvent à chercher, chacun.e de son côté, où loger pour ne pas ramener la maladie à leurs foyers ?

Il est bien facile de déshumaniser les blouses blanches, de dire qu’après tout en choisissant les métiers de la santé, iels savaient à quoi s’attendre, qu’après tout c’est leur métier et iels sont payé.es pour. Ce genre d’affirmations est cruel et empreint d’une bêtise sans pareille. Je peux vous assurer, qu’après un siècle sans pandémie, on  ne s’y attendait pas, et même, rien n’est pire que l’horreur de la réalité.

Chèr.es décideur.ses, prenez des décisions. Si vous êtes dépassé.es, certain.es « jeunes » sont aptes à vous donner un coup de main. Il suffit juste que vous compreniez que vous n’avez pas la science infuse et que votre plus grande erreur est d’avoir laissé les choses s’éparpiller de la sorte.

 A bon entendeur…


NB : Cet article est rédigé en écriture inclusive et neutre avec l’emploi des pronoms épicènes. La rédaction épicène, l’écriture inclusive, le langage neutre ou le langage dit « non sexiste » ou « dégenré » sont l’ensemble des règles et des attentions graphiques et syntaxiques qui permettent d’éviter toute discrimination, basée sur le genre, supposée par le langage ou l’écriture. Notre utilisation de ce mode de rédaction vient de notre profonde conviction à TUNYD, du pouvoir des mots dans la lutte égalitaire.
Pour en savoir plus :
https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/initiative/manuel-decriture-inclusive/
https://www.unil.ch/egalite/files/live/sites/egalite/files/Egalite_UNIL/Publications%20et%20liens/Guide_mots_egalite_2018.pdf