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Face à la pénurie des masques de type FFP2 et la propagation particulièrement rapide du COVID-19 en Tunisie, certain.es médecins dentistes tunisien.nes ont tiré la sonnette d’alarme dénonçant une situation extrêmement menaçante qui les oblige à fermer temporairement leur cabinets jusqu’à nouvel ordre.

Dans un communiqué officiel paru le 15 mars 2020, le Conseil de l’Ordre des Médecins Dentistes (CNOMDT) a recommandé de reporter les soins non urgents dès lundi (16 mars) et de n’accueillir que les cas nécessitant un traitement d’urgence (douleur, infection, traumatologie), tout en privilégiant les précautions et les mesures de prévention de la contamination par le COVID-19. En conformité avec les approches de sécurité annoncées par le Ministère de la Santé, les médecins dentistes sont invité.es à faire le tri par des entretiens téléphonique approfondis et à espacer les patient.es dans la salle d’attente d’une distance d’au moins 1 mètre.

Ces mesures semblent insuffisantes pour certain.es qui manifestent leurs inquiétudes quant à la transmission croisée du virus respiratoire accentuée par la dispersion des gouttelettes de salive dans l’air. Ceci est confirmé par une étude réalisée par une équipe américaine de chercheur.es qui a testé la durée de survie du virus sur les différentes surfaces en laboratoire. En effet, le nouveau virus pathogène peut survivre 3 heures dans l’air et jusqu’à 12 heures sur les masques et les gants.

Le cabinet dentaire comme tout autre établissement sanitaire qui accueille potentiellement des patient.es symptomatiques ou suspect.es d’infection semble être un vecteur de transmission virale du patient.e au.à la médecin et vice versa. Nous ne sommes qu’à 30cm des patient.es et nous sommes les professionnel.les de santé les plus exposé.es au risque de contamination par le coronavirus -par projection de la salive, éternuement ou au moyen des instruments rotatifs- en absence des moyens de base de protection “expriment-ils.

Devant l’aggravation de la crise sanitaire et le manque des moyens de sécurité tel que les masques FFP2 qui filtrent la quasi totalité des virus et des bactéries et les gants chirurgicaux et gels hydroalcooliques, certain.es médecins dentistes envisagent d’arrêter leurs activités, d’autres ont déjà fermé leurs portes. Les rendez-vous sont reportés à une date postérieure inconnue qu’iels communiqueront ultérieurement à leurs patient.es. “La réouverture dépendra des circonstances actuelles et de l’évolution de la pandémie” confirment-ils/elles. Selon eux.elles, la suspension provisoire de leur activité limitera la participation des cabinets au processus de transmission et ralentira la propagation massive du virus à leurs familles et leur entourage en limitant le nombre d’individu.es contaminé.es.

D’autres praticien.nes ont choisi de retarder cette échéance. C’est une décision très courageuse et symbolique à la fois. “On ne veut pas intensifier l’anxiété et la peur générées par l’épidémie même si la situation bat de l’aile. Le nombre des consultant.es a significativement diminué depuis le début de l’épidémie. On est au premier rang des soignant.es à plus haut risque de contamination par le coronavirus mais on reste ouvert pour soulager la douleur des nos patient.es” déclarent-ils.elles.

En l’absence d’une réponse claire de la part du CNOMDT, les jeunes dentistes oscillent entre le risque d’une contamination nosocomiale et le fardeau de leurs cotisations (fiscales, crédits bancaires, secrétaire, matériel ..etc) qui doivent être assurées. Pour surmonter l’impact de l’épidémie sur la baisse de revenu, le Syndicat Tunisien des Médecins Dentiste de Libre pratique (STMDL) a publié, le 17 mars 2020, un communiqué officiel . Il réclame aux autorités concernées, le Ministère des Finances et celui des Affaires Sociales, le report de l’échéance des crédits bancaires et délais de payement des dettes fiscale et sociale, sans majoration de retard ni pénalité. Ils demandent également le report de paiement des acomptes et des cotisations sociales de 6 mois. Les contributions versées à la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS), dont le paiement a été fixé avant le 15 avril, sont aussi concernées. A son tour, le STMDLP promet ses adhérents de les tenir au courant de l’évolution de la situation à cet égard.

La situation actuelle est préoccupante, la progression de la maladie semble inévitable d’où l’intérêt des mesures drastiques de prévention. La fermeture des cabinets avec un système de garde pour gérer les urgences pourrait en faire partie.

Affiche accrochée par certain.es médecins dentistes sur les portes de leurs cabinets.

Etudiante en Médecine dentaire
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