Médecin agressé dans son cabinet à Ennfidha: l’agresseur est chef de poste de la garde nationale

Médecin agressé dans son cabinet à Ennfidha: l’agresseur est chef de poste de la garde nationale

Si sous d’autres cieux on aurait vu le ministre de l’intérieur tenir illico une conférence de presse pour prendre clairement distance des agissements indignes de l’un de ses agents, il n’en est toujours pas le cas en Tunisie. Agresser un médecin dans son cabinet en l’insultant et en le giflant à deux reprises, par un agent de la garde nationale portant et son uniforme et son arme de service, c’est désormais chose faite. Telle était l’info relayée le 22 aout 2019 par plusieurs médias tunisiens, et qui a poussé le STML (Syndicat tunisien des médecins de libre pratique) à publier le lendemain un communiqué dans lequel il condamne les faits.

Crédit photo: page Facebook du STML

Dans ce communiqué, le STML regrette l’inexistence d’un arsenal juridique spécifique aux agressions dont sont victimes les professionnels de la santé sur leurs lieux de travail. Bien que le sujet ait été ramené sur la table à maintes reprises par les derniers ministres de santé respectifs, on ne note toujours pas d’avancée concrète sur ce plan.

Surprise encore : l’agresseur est un agent haut gradé, en l’occurrence, un chef de poste de la garde nationale. Le médecin victime de l’agression, Dr. Skander Belgacem, rapporte ainsi les faits dans un statut rendu publique sur Facebook. On y voit un agresseur violent, se croyant manifestement au-dessus de la loi et exhibant presque fièrement son sentiment d’impunité. Malgré la violence de l’acte, le médecin, connu par tous pour sa droiture, rapporte avoir gardé son sang froid et répondu par un simple « Barakallahou fik » (Que Dieu te bénisse). L'agresseur a de surcroit vandalisé les dossiers médicaux des patients et volé la fiche médicale de son épouse.

Sur la radio Jawhara FM, Dr Alaeddine Sahnoun, président de la section régionale de Sousse du STML, rapporte aussi de son coté les faits de ce crime odieux, qui sont pour le moins qu'on puisse dire glaçants. Il rappelle aussi que les agissements de l'agresseur ne sont pas du tout représentatif du corps sécuritaire, dont plusieurs responsables ont tenu à exprimer leurs excuses et leur solidarité.

Plus hallucinant encore : un collègue de l’agresseur, chef de district, aurait tenu, selon Hakaek Online, à contacter le président du Conseil régional de l’ordre des médecins à Sousse, pour -tenez-vous bien- « conclure un accord de grâce » avec la victime.

Le médecin, appuyé par son syndicat de référence et par l’ordre des médecins, vient de déposer une plainte contre l’agresseur auprès du Tribunal de première instance de Sousse.

Un climat très encourageant pour nos futurs médecins que tout le monde plaint pour vouloir quitter le pays…