Crédit photo: projet Glia

« Qu’est-ce que je peux faire pour mon pays ? »

Une question qui suscite réflexion, mais qu’on se pose souvent au mauvais moment : à la vue d’un patient qui n’a pas de place pour être hospitalisé, devant le manque de personnel et de matériel, devant le scanner en panne, bref, plusieurs fois par jour !

Et cette question ne se pose pas que chez nous.  Figurez-vous que dans un pays aussi loin que le Canada, un médecin urgentiste se pose continuellement cette même question et se demande que faire pour son pays… la Palestine.

Gaza, 2012. Temps de guerre. Un immeuble vient d’être bombardé. Des centaines de victimes affluent à l’hôpital ; une situation routinière pour les médecins à Gaza. Rien de choquant jusqu’à présent.

Un examen d’urgence s’impose : inspection, palpation, auscul…. Non. Pas d’auscultation aujourd’hui.

Pas d’auscultation ici à Gaza car… pas de stéthoscopes.

Ici, impossible d’importer du matériel médical, et impossible d’en fabriquer.

Ici, on fait le diagnostic de pneumothorax en collant l’oreille sur le thorax du patient !

Tous les médecins à Gaza ont ainsi des stéthoscopes dont le coût de fabrication ne dépasse pas 3 dollars et dont la qualité est semblable à un stéthoscope Littmann.

Crédit photo: Dr Loubani, CBC Canada

Dr Loubani, un urgentiste canado-palestinien, s’est demandé ce qu’il pouvait faire pour son pays, et il a décidé de transformer les difficultés en opportunités. Il a créé le projet Glia.

Aujourd’hui, des milliers de stéthoscopes sont confectionnés par des imprimantes 3D à partir de plastique recyclé. Tous les médecins à Gaza ont ainsi des stéthoscopes dont le coût de fabrication ne dépasse pas 3 dollars et dont la qualité est semblable à un stéthoscope Littmann.

Fabuleux tout cela ! Mais pourquoi on en parle? Parce qu’aujourd’hui, Glia débarque en Tunisie ! Il s’agit d’un partenariat ouvert entre la faculté de médecine de Tunis et l’Ecole Supérieure Privée d’Ingénierie et de Technologie ESPRIT. Des jeunes médecins et ingénieurs tunisiens seront formés en juillet 2019 par des ingénieurs palestiniens et des jeunes médecins canadiens pour confectionner et utiliser les stéthoscopes Glia, et bien d’autres équipements médicaux !

Le but étant double : d’abord, apporter des solutions aux problèmes du système de santé tunisien (Glia travaillant aussi sur des saturomètres, des ECG, des otoscopes tous fabriqués par des imprimantes 3D). Ensuite, favoriser les échanges humanitaires et scientifiques entre la Tunisie et Palestine !

Mis à part la FMT et ESPRIT, le projet est bien entendu ouvert à tout partenariat dans le futur. Le travail acharné va commencer cet été pour transmettre les compétences canado-palestiniennes à la Tunisie, et constituer le bureau fondateur national Tunisien de Glia.

Et qui se dit médecin engagé me suive !

 

Crédit photo de couverture: projet Glia

Étudiante à la Faculté de médecine de Tunis - Co-fondatrice du projet "Echmoun" et du projet "Hygie Mennou"